Plusieurs éditeurs et plateformes en ligne durcissent leurs politiques d'accès face à la multiplication des agents IA capables de naviguer, de lire et d'agir sur le web pour le compte d'utilisateurs. Selon un article du Verge, cette tendance s'accélère à mesure que ces agents, conçus pour effectuer des achats, comparer des prix ou extraire des informations, contournent les parcours habituels des visiteurs humains, notamment les pages publicitaires et les formulaires d'inscription.
Cette évolution s'inscrit dans la continuité des tensions déjà observées entre éditeurs de contenu et robots d'indexation des grandes entreprises d'IA générative. Si le blocage des crawlers destinés à l'entraînement des modèles était déjà répandu via le fichier robots.txt ou des solutions comme Cloudflare, la nouveauté réside dans le ciblage spécifique des agents dits "agentiques", qui interagissent en temps réel avec les sites plutôt que de simplement collecter des données pour un entraînement ultérieur.
Les motivations des éditeurs sont multiples : préserver les revenus publicitaires, qui dépendent souvent du comportement de navigation humain, mais aussi garder le contrôle sur l'expérience utilisateur et éviter que des agents automatisés ne faussent les statistiques de fréquentation ou ne contournent des mécanismes de paiement. Certains sites de commerce électronique redoutent notamment que des agents d'achat automatisés negocient ou achètent sans passer par les canaux générant des commissions ou des données exploitables.
Cette dynamique pourrait avoir des conséquences structurelles sur l'écosystème web si elle se généralise. Les entreprises développant des agents IA devront probablement nouer des accords commerciaux avec les éditeurs, à l'image des licences de contenu déjà négociées par certains fournisseurs de modèles. À défaut, le web risque de se fragmenter entre zones ouvertes aux agents et zones qui leur restent fermées, une problématique qui touche autant les grands groupes de médias que les petites plateformes marchandes.