Le Financial Times rapporte qu'Anthropic a reçu en juin la meilleure notation de crédit possible dans la catégorie dite "junk", c'est-à-dire juste en dessous du seuil investment grade. Cette évaluation, réalisée par une agence de notation, place l'entreprise à la limite supérieure de la dette à haut rendement, un positionnement inhabituel pour un acteur de l'IA générative encore largement déficitaire.
Cette notation intervient alors qu'Anthropic, comme ses concurrents OpenAI et xAI, cherche à diversifier ses sources de financement au-delà des levées de fonds en capital. Les besoins en infrastructure de calcul pour entraîner et faire fonctionner des modèles comme Claude représentent des dépenses considérables, difficiles à couvrir uniquement par des tours de table auprès d'investisseurs. Le recours à la dette, via des obligations ou des prêts, devient ainsi une option de plus en plus explorée par les laboratoires d'IA de pointe.
Le fait qu'Anthropic obtienne la notation la plus haute de la catégorie spéculative traduit la confiance des agences dans sa trajectoire de croissance et ses partenariats stratégiques, notamment avec Google et Amazon, deux investisseurs majeurs qui apportent à la fois capital et accès à des infrastructures cloud. Cette solidité perçue contraste avec les pertes opérationnelles encore importantes de l'entreprise, typiques du secteur à ce stade de développement.
Au-delà du cas Anthropic, cet épisode illustre une évolution plus large du financement de l'intelligence artificielle générative. Les marchés obligataires commencent à s'intéresser à des entreprises dont le modèle économique repose sur des dépenses d'infrastructure massives et des revenus encore incertains à long terme. Cette ouverture aux marchés de la dette pourrait accélérer le rythme des investissements en calcul, mais elle introduit aussi de nouveaux risques si la croissance des revenus ne suit pas les projections sur lesquelles ces notations reposent.