Mark Cuban a relayé des révélations selon lesquelles Meta aurait sciemment toléré, voire encouragé, la diffusion de publicités frauduleuses sur Facebook, dont une part significative s'appuie sur des deepfakes générés par intelligence artificielle. Ces publicités mettent en scène de fausses déclarations de célébrités ou de dirigeants d'entreprise pour promouvoir des arnaques financières, des faux investissements en cryptomonnaies ou des produits miracle. Selon des documents internes évoqués dans l'article, l'entreprise aurait projeté un chiffre d'affaires d'environ 16 milliards de dollars provenant de ce type de contenus problématiques, soit une part non négligeable de ses revenus publicitaires totaux.
Cette affaire s'inscrit dans un débat plus large sur la responsabilité des plateformes face à la prolifération de contenus générés par IA à des fins frauduleuses. Les deepfakes, de plus en plus réalistes et faciles à produire, permettent aux escrocs de contourner la méfiance naturelle des utilisateurs en usurpant l'image de personnalités reconnues. Des cas impliquant des figures publiques utilisées sans leur consentement pour vanter de faux produits financiers ont déjà été documentés à plusieurs reprises ces dernières années.
Les propos de Mark Cuban, connu pour ses prises de position tranchées sur les grandes plateformes technologiques, ajoutent une pression publique supplémentaire sur Meta, qui a jusqu'ici minimisé l'ampleur du problème en insistant sur ses outils de modération automatisée. Si les chiffres évoqués sont confirmés, ils suggèrent un écart important entre les moyens techniques dont dispose l'entreprise pour détecter ces contenus et l'incitation économique réelle à les retirer rapidement.
Cette controverse pourrait alimenter les appels à une régulation plus stricte de la publicité générée ou amplifiée par IA sur les réseaux sociaux, notamment aux États-Unis où l'encadrement reste largement insuffisant comparé à l'Union européenne. Elle illustre aussi un dilemme structurel : les plateformes publicitaires tirent une partie croissante de leurs revenus d'annonceurs peu scrupuleux exploitant les capacités de génération de contenu par IA, posant la question de leur réelle volonté de s'attaquer au problème à la racine.