Anthropic, l'éditeur du modèle Claude et concurrent direct d'OpenAI, devrait recevoir une notation de crédit classée dans la catégorie 'junk' (spéculative) de la part des grandes agences de notation, selon un rapport relayé par TechCrunch. Cette note interviendrait dans le cadre de la préparation de l'entreprise à une introduction en bourse, une étape que plusieurs acteurs majeurs de l'intelligence artificielle générative envisagent désormais pour financer leurs besoins croissants en capital.
Une notation 'junk', même dans sa tranche la plus élevée, signifie que les agences considèrent l'émetteur comme présentant un risque de défaut plus important que les entreprises notées en catégorie investissement. Concrètement, cela se traduirait par des coûts d'emprunt plus élevés pour Anthropic si elle venait à émettre de la dette, et par une perception du marché plus prudente quant à sa solidité financière à moyen terme.
Cette situation reflète un paradoxe propre au secteur de l'IA générative actuel : des entreprises comme Anthropic affichent une croissance de revenus rapide, portée par l'adoption de leurs modèles par les entreprises et les développeurs, mais accumulent simultanément des pertes importantes en raison des coûts colossaux liés à l'entraînement et à l'exploitation de modèles de pointe, notamment les dépenses en puissance de calcul auprès de fournisseurs cloud. Les agences de notation tendent à intégrer ce profil de dépenses élevées et de rentabilité encore lointaine dans leur évaluation du risque.
Le cas d'Anthropic s'inscrit dans une dynamique plus large observée chez d'autres laboratoires d'IA de premier plan, confrontés au même dilemme : lever des capitaux massifs pour financer une course technologique coûteuse, tout en devant convaincre les marchés financiers de leur viabilité à long terme. Une introduction en bourse accompagnée d'une notation spéculative n'empêcherait pas nécessairement une levée de fonds réussie, mais elle enverrait un signal aux investisseurs sur les risques financiers inhérents à ce modèle économique, même pour les acteurs considérés comme leaders de leur domaine.