Un article d'Ars Technica rapporte que les outils d'intelligence artificielle de Google, probablement Gemini et les résumés générés par IA intégrés à la recherche, adoptent une posture hésitante lorsqu'on leur demande qui a remporté l'élection présidentielle américaine de 2020. Plutôt que de répondre directement que Joe Biden a gagné, un fait pourtant établi et certifié, le système tendrait à noyer sa réponse dans des formulations prudentes, voire à éviter de trancher.
Ce comportement illustre une tension récurrente dans la conception des assistants conversationnels : l'équilibre entre l'exactitude factuelle et la volonté d'éviter toute controverse politique. Les entreprises d'IA, échaudées par des accusations de biais partisan, ont souvent configuré leurs modèles pour se montrer prudents sur les sujets électoraux, quitte à sacrifier la clarté sur des faits pourtant non contestés juridiquement ou historiquement.
Google a déjà été confronté à des polémiques similaires, notamment lors du lancement de la génération d'images de Gemini en 2024, où des efforts excessifs de neutralité avaient produit des résultats historiquement absurdes. Ce nouvel épisode suggère que l'entreprise n'a pas totalement résolu la question de savoir comment ses systèmes doivent traiter les requêtes à forte charge politique, même lorsque la réponse factuelle ne fait pas débat parmi les sources fiables.
L'enjeu dépasse le cas isolé de Google : il interroge la fiabilité des assistants IA comme sources d'information sur des événements politiques, à un moment où ces outils sont de plus en plus utilisés comme substituts aux moteurs de recherche traditionnels. Si les modèles évitent systématiquement de affirmer des faits avérés par crainte de polémique, cela pourrait alimenter la défiance envers leur neutralité autant que leur fiabilité.