Selon une enquête publiée par le magazine américain The American Prospect, Anthropic serait impliquée dans la construction d'un système de surveillance prédictive destiné à identifier et suivre des militants. L'article, qui s'appuie sur des documents et des sources non précisées dans le résumé disponible, suggère que les technologies développées par l'entreprise pourraient être utilisées pour anticiper des comportements jugés à risque par des acteurs étatiques ou privés.
Ce type d'accusation n'est pas isolé dans le secteur de l'IA générative. Plusieurs entreprises ayant noué des partenariats avec des agences gouvernementales ou des forces de l'ordre ont déjà été critiquées pour l'opacité de ces contrats et l'absence de garde-fous clairs sur l'usage des modèles à des fins de renseignement ou de maintien de l'ordre. Anthropic, qui s'est positionnée publiquement comme un acteur soucieux de la sécurité et de l'éthique de l'IA, se retrouve ainsi confrontée à une contradiction potentielle entre son discours et ses pratiques commerciales.
À ce stade, les détails techniques du système évoqué — nature des données utilisées, degré d'automatisation, clients concernés — ne sont pas explicités dans les éléments disponibles de l'article. Il convient donc de traiter ces allégations avec prudence, en attendant une réponse officielle de l'entreprise ou des précisions supplémentaires de la part des journalistes à l'origine de l'enquête.
Cette affaire illustre néanmoins une tension croissante entre les discours de sécurité responsable portés par les grands laboratoires d'IA et les usages concrets, parfois sensibles, de leurs technologies une fois déployées dans des contextes gouvernementaux ou sécuritaires. Elle pourrait alimenter les appels, déjà nombreux aux États-Unis et en Europe, à un encadrement plus strict des contrats entre entreprises d'IA et institutions publiques en matière de surveillance.